Il ne remplace pas un thérapeute, mais ils peuvent apporter du bien-être.
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« L’animal ne trahit pas » : le décryptage d’une psychologue
Pamela Didier, psychologue et auteure des Bienfaits de l’animal à tout âge (éd. Dunod)
Femme Actuelle : En quoi peut-il avoir une fonction réparatrice ?
Pamela Didier : Des études montrent que l’animal pourrait avoir un rôle de tuteur de résilience secondaire. Cela signifie que si nos parents sont là pour donner de l’affection, assurer notre sécurité intérieure, d’autres personnes peuvent être une figure d’attachement : une grand-mère, une voisine, ou encore un animal. Celui-ci apporte de la réassurance : il nous attend à la maison, ne nous contrarie pas, a toujours l’air de nous aimer, nous fait des câlins. Tous les êtres humains ont besoin de cette sécurité affective. Cela peut venir réparer nos besoins primaires.
FA : Qu’est-ce qui est si réconfortant chez l’animal ?
Pamela Didier : On est dans le non-verbal, le toucher, la connexion avec la nature. Au niveau physiologique, on secrète de l’ocytocine, l’hormone du bien-être. Autre atout : avec l’animal, on ne peut pas se laisser aller, il faut en prendre soin. Cela donne un cadre quand on traverse un passage à vide. L’animal est un point de stabilité, qui ne trahit pas. Nos fidèles compagnons jouent aussi un rôle de catalyseur social. Si vous vous promenez seul dans la rue, vous avez peu de chance d’avoir une interaction. Avec un chien, la probabilité est plus grande que quelqu’un vous parle.
FA : Peut-il être un thérapeute ?
Pamela Didier : Non. On peut se confier à l’animal, avoir l’impression d’avoir une oreille attentive. Mais c’est comme si on se parlait à haute voix. L’animal ne nous fait pas évoluer. Il peut être un support en thérapie par exemple pour dédramatiser une situation anxiogène. Mais ça ne peut pas être un thérapeute car celui-ci oriente le travail.
A quoi faut-il faire attention ?
Pamela Didier : Lors d’une séparation ou du départ des enfants, il ne faut pas tout reporter sur l’animal. Si l’on devient obsessionnel, envahissant ou débordant, la relation avec lui ne sera pas équilibrée. Celui-ci peut développer des troubles du comportement (chien mordeur, qui ne supporte pas la séparation…). La relation risque de se dégrader et la personne va avoir l’impression d’être un mauvais maître, ce qui va diminuer son estime de soi
